Pritemps du livre/ novembre 22, 2017/ Auteur, Roman français/ 0 commentaires

Portrait de Jean-Baptiste ANDREA

Jean-Baptiste ANDREA
©Vinciane Lebrun-Verguethen

Jean-Baptiste Andréa est réalisateur et scénariste. En 2017, il publie son premier roman, Ma Reine, aux éditions L’Iconoclaste, livre salué par plusieurs prix littéraires dont le Fémina des lycéens. En 1965, dans une vallée provençale, un jeune garçon « pas comme les autres » vit avec ses parents dans une station service. Shell s’enfuit de chez lui pour échapper au placement en établissement spécialisé. Sur le plateau baigné de soleil, loin des adultes, Shell rencontre Viviane qui devient sa reine. Plus tard, un vieux berger l’accueille silencieusement. Un conte poétique, un récit d’amour et d’amitié, où l’enfance s’engouffre dans le rêve et la beauté des instants.

Bibliographie

Jean-Baptiste Andrea, Ma reine. L'Iconoclaste, 2017.

Extrait

Ma reine (L’Iconoclaste) – Jean-Baptiste Andrea :

« Je tombais, je tombais et j’avais oublié pourquoi. C’était comme si j’étais toujours tombé. Des étoiles passaient au-dessus de ma tête, sous mes pieds, autour de moi, je moulinais pour m’y accrocher mais je n’attrapais que du vide. Je tourbillonnais dans un grand souffle d’air mouillé.
Je brûlais de vitesse, le vent hurlait entre mes doigts, j’ai repensé à l’époque où on courait le cent mètres à l’école, les seules fois où les autres ne se moquaient jamais de moi. Avec mes grandes jambes, je les battais tous. Sauf que là, mes jambes ne servaient à rien. Elles tombaient elles aussi comme des imbéciles.
Quelqu’un a crié, loin. Il fallait que je me rappelle pourquoi j’étais là, c’était forcément important. On ne tombe pas comme ça sans une bonne raison. J’ai regardé derrière moi mais derrière ça ne voulait plus rien dire. Tout changeait tout le temps, tellement vite que j’avais envie de pleurer.
A coup sûr, j’avais fait une énorme bêtise. J’allais me faire gronder ou pire, même si je ne voyais pas ce qu’il y avait de pire que d’être grondé. Je me suis roulé en boule comme quand Macret me tabassait, c’était un truc connu pour avoir moins mal. Maintenant, il n’y avait qu’à attendre. J’allais bien finir par arriver.
C’était l’été 1965, le plus grand de tous les étés et je n’en finissais pas de tomber. »

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