Joël BAQUÉ

Portrait de Joël BAQUÉ
Joël BAQUÉ

© A. Seelow

Joël Baqué vit et travaille à Nice. Il a collaboré à diverses revues, dont Action Poétique, BoXon, Nioques… Il se délecte de textes transgenres et donne à l’occasion des conférences-performances. Il peut passer d’un roman-photo postmoderne (Aire du mouton, POL, 2011) au roman ambigu d’un trader solitaire (La Salle, POL, 2015). Avec La Mer c’est rien du tout (POL, 2016), il restitue par fragments son enfance languedocienne où l’insouciance parle plus fort que les fins de mois difficiles ou les cris du père. Une autobiographie tendre et précise où il est prouvé qu’on peut devenir CRS et avoir un coup de foudre poétique grâce à un livre de Francis Ponge oublié sur une plage.

Joël BAQUÉ dédicacera ses livres sur le stand de la librairie ARTHAUD.

Bibliographie

Joël Baqué, La Salle. POL, 2015.

Joël Baqué, Pré ou carré. E Pesty, 2015.

Joël Baqué, Aire du mouton. POL, 2011.

Joël Baqué, Start up : manuel d’anti-poésie primaire. Le Quartanier, 2007.

Où le rencontrer ?

Extrait



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Extrait de La Mer c’est rien du tout, POL, 2016

Mon frère Paul était plus grand que ma sœur Valérie pourtant

très grande pour une fille sans chaussures à talons hauts et bien plus âgée que lui.

 

On aurait sans doute pu voir notre lien de parenté

si elle n’avait pas été belle et moi normal.

 

Quand j’ai su qu’elle était « miraculeusement belle », j’ai

demandé s’il fallait la vouvoyer.

 

Je la regardais vernir ses ongles

avec un pinceau minuscule.

 

Des boulettes de coton tenaient séparés ses orteils

pendant les phases de vernissage et de séchage.

 

Le coton entre les orteils était un privilège féminin comme

les yeux faits, les rires spéciaux et les cheveux propres.

 

Sa chambre sentait le solvant du vernis à ongles (c’était la seule pièce où les mouches n’entraient pas).

Mon père criait : « Elle se drogue à l’éther sûrement, et toi bien sûr tu dis rien ! »

 

Ma mère savait ne rien dire jamais.

 

Elle ne nous a jamais parlé de la beauté du monde

ni raconté des histoires pour nous endormir dans les rêves.

 

Après une dispute, il lui arrivait d’emporter

Paul dans la nuit en pleurant.

 

Mon père nous disait, à Valérie et à moi :

« Votre mère c’est rien du tout, elle fait son cinéma ! »

Si vous souhaitez feuilleter quelques pages de La Mer c’est rien du tout, c’est ici.

 

Publié dans Auteur, Non classé

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