Nathalie QUINTANE

Portrait de Nathalie QUINTANE
Nathalie QUINTANE

©HBamberger POL

Nathalie Quintane enseigne en collège. Publiés principalement aux éditions POL, ses textes s’emparent du réel par des angles inédits, dans une approche critique et ironique. Menus sujets, mythes, faits politiques : rien n’échappe à l’épreuve de la langue comme dans Jeanne Darc (POL, 1998), Saint-Tropez – Une Américaine (POL, 2001) ou Tomates (POL, 2010). Flirtant avec la sociologie, Que faire des classes moyennes ? (POL, 2016) s’interroge sur une classe en proie aux frustrations et au déni. Procédant par collage et amplification parodique des discours des spécialistes et des médias, ce texte hybride navigue entre humour et colère et pose à sa manière de sérieuses questions.=

Nathalie QUINTANE dédicacera ses livres sur le stand de la librairie LE SQUARE.

Bibliographie

Nathalie Quintane, Tomates. POL, 2010.

Nathalie Quintane, Grand ensemble. POL, 2008.

Nathalie Quintane, L'Année de l'Algérie. Inventaire-invention, 2004.

Nathalie Quintane, Chaussure. POL, 1997.

Où la rencontrer ?

Extrait

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Que faire des classes moyennes ?, POL, 2016

La classe moyenne n’a pas une existence fiable. À certaines périodes, elle existe ; à d’autres, non. Sa réalité est d’abord dépendante de celle des classes tout court (pour
qu’il y ait une ou des classes moyennes, encore faut-il qu’il y ait des classes), c’est à-dire de la notion de classe – par exemple, entre 1981 et 2000, on s’est dit qu’il n’y avait plus de classes (ou une seule classe de bas en haut, en voie d’homogénéisation), ce qui a pour première conséquence de faire sauter ceux du bas ; sauteraient ensuite ceux du haut, pour ne laisser que ceux du milieu (l’ex-classe moyenne), en phase ,d’expansion illimitée – un peu comme le« système » solaire au moment du big bang.

Cette hypothèse n’a pas été retenue.

On peut, à l’aide d’une batterie de chiffres, serrer l’idée qu’on se fait de la classe moyenne. Elle correspondrait au salaire médian, tel que la moitié des salariés gagne plus et l’autre moitié moins. Afin d’affiner un peu plus ces chiffres, disons que le pognon qu’elle récupère se situerait entre 70 % et 150 % du salaire médian :
« On obtient des salaires nets entre 1 200 et 1 840 euros par personne pour un temps complet. » Si 70 % du salaire médian = 1 200 €, on obtient un Salaire médian à 1 560 € (mille cinq cent soixante euros). De 0,00 € à 1 560 €, il y a 1 560 €, qu’on ajoute aux 1 560 du Salaire Médian, ce qui donne un salaire max à 1 560 × 2 = 3 120 € (trois mille cent vingt euros).
Ce qui signifie qu’on suppute un plafond salarial à 3 120 euros, dont tout le monde sait qu’il n’existe pas, puisqu’on peut s’augmenter soi-même librement alors pourquoi on s’arrêterait à 3 120, et que, d’autre part, des salaires ont non seulement franchi depuis longtemps cette barre (si tant est qu’ils se soient jamais situés en dessous ou au niveau) mais l’ont depuis une bonne trentaine d’années explosée.

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