Seyhmus DAGTEKIN

Portrait de Seyhmus DAGTEKIN

Seyhmus DAGTEKIN

©Louis Monier

Poète et romancier, né dans un village kurde en Turquie, Seyhmus Dagtekin vit à Paris depuis 1987. Il a publié À la source, la nuit (Robert Laffont, 2004), évocation du village de son enfance et roman d’un monde d’avant le livre. Ses textes poétiques sont publiés dans de nombreuses revues et anthologies. Son recueil Juste un pont, sans feu (Le Castor Astral, 2007) a reçu le Prix Mallarmé et le Prix de l’Académie française Théophile Gautier. Dans À l’ouest des ombres (Le Castor Astral, 2016), s’il évoque les ombres et les décombres où baigne notre monde violent, le poète convoque aussi quelques figures – notamment féminines – de l’espérance, pour faire échec à l’exil et au deuil.

Seyhmus DAGTEKIN dédicacera ses livres sur le stand de la librairie LE SQUARE.

Bibliographie

Seyhmus Dagtekin, Ma maison de guerre. Castor astral, 2011.

Seyhmus Dagtekin, Au fond de ma barque. L’Idée bleue, 2008.

Seyhmus Dagtekin, La Langue mordue. Castor astral, 2005.

Seyhmus Dagtekin, A la source, la nuit. Robert alffont, 2004.

Où le rencontrer ?

Extrait



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Extrait de A l’ouest des ombresCastor astral, 2016

Invitation à sortir de l’abîme
Ça commence par les pyramides et même avant. Ça continue par les arènes, les colisées, les châteaux. Ça continue par les usines, les gratte-ciel, les bombes et variantes, les fusées et les explosions. Les machines les plus puissantes, les vaisseaux les plus grands. Ça continue sur les terres, les mers, dans les airs ; au plus vite, au plus loin. Parce que l’homme se cherche toujours ailleurs, loin de lui. Très peu en lui-même.

La poésie et la création recèlent le pouvoir de couper court à cette course effrénée de la recherche de son devenir ailleurs qu’en soi-même, de couper court à cette soif de puissance. Puissance qui ne peut être que relative, qui est à la merci de la moindre sur-puissance, serait-ce illusoire. Parce qu’à n’importe quel virage, une force plus grande peut surgir devant le puissant et le mettre en doute, en déroute.

Faites de votre vie un chef-d’œuvre disait un penseur. Etre conscient que la vie trouve sa mesure en elle-même et qu’elle peut se transformer en chef-d’œuvre, et que pour ce faire, elle n’a besoin ni des pierres d’Ethiopie, ni de milliers d’esclaves et de cadavres pour s’ériger des tombeaux et monuments, pour s’imaginer grandeur et éternité. Qu’on peut s’édifier à partir de ses propres ressources. Et que ce pouvoir est à la portée de tous.

La poésie, la création sont la revendication de ce pouvoir d’édification pour chacun.

Publié dans Auteur, Poésie

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