Vincent VILLEMINOT

Portrait de Vincent VILLEMINOT

Vincent VILLEMINOT

Journaliste et professeur, Vincent Villeminot se consacre aujourd’hui à l’écriture romanesque pour les adultes comme les plus jeunes. Ses récentes publications pour adolescents explorent divers genres, entre humour, thriller et fantasy. Il est l’un des quatre auteurs de la série U4, avec U4, Stéphane (Nathan / Syros, 2015) et du recueil collectif de nouvelles Contagion (idem, 2016). Dans Samedi 14 novembre (Sarbacane, 2016), il donne la parole à B., rescapé des attentats terroristes à Paris. Blessé, le jeune homme suit l’un des tueurs aperçu depuis la terrasse où son frère est mort. S’en suivent une traque et un huis-clos terrible, entre noirceur et étincelle d’humanité.

Vincent VILLEMINOT dédicacera ses livres sur le stand de la librairie ARTHAUD.

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Extrait



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« Et puis ensuite, il y eut une brève pause de silence.
B. s’en souviendrait.
Quelques secondes, deux ou trois, c’est très court, comme s’il fallait que chacun se remette de sa stupeur. Ou peut-être est-ce attendre, reprendre son souffle ; comprendre qu’on est vivant ; s’assurer qu’ils sont vraiment partis, les tueurs. Ou bien est-ce tout le bruit, le vacarme du monde qui se sont retirés ? Il paraît que lorsqu’une munition d’artillerie explose, l’effet de souffle te donne ce sentiment – tout l’air s’en va, en une seconde, juste avant que les shrapnels te déchirent ; que la peau cesse d’être une peau, un bouclier, une frontière entre le monde et toi.
Mais là, ce n’est pas ça. Il n’y a pas eu de shrapnels.

Il y a eu la voiture qui freine, les portières qui s’ouvrent, claquent. Et, sans une semonce, les rafales. Deux armes. Des fusils d’assaut, marque kalachnikov, modèle AKM (ou peut-être AKMS en tôle emboutie) dont on vide les chargeurs.

Il y a eu – autour de B – les chaises qui se renversent, les tables, les corps qui tombent, les verres qui explosent en esquilles, en milliers de débris ; l’impact sec sur les vitrines, les cris, de surprise, d’effroi.
Et ensuite, les portières, le moteur qui s’emballe.
Puis, ce silence.
Ce sursis.

B. relève les yeux, à quatre pattes sur le trottoir, dans les chaises emmêlées, les tables, dans le givre du verre .
La voiture est partie.
Il a le temps de penser : « Je ne suis pas mort », avant la fin du monde.
Un gémissement.
Il a le temps de se demander : « Pierre ? Où est Pierre ? »
Et puis, une femme se met à pleurer, doucement. Et toutes ces voix, d’un coup, tous ces cris. De peur. De douleur. Des appels. Des suppliques. Des soupirs. »

Samedi 14 novembre, Sarbacane, 2016

Publié dans Auteur Jeunesse, Roman Jeunesse

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